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Antoine Boucher est décédé à Mortefontaine le 30 mai 1820. Son épouse Marie-Jeanne Robquin était décédée quelques mois auparavant, le 19 janvier 1820. Leur fille Marie-Antoinette Élise, épouse Dufrénoy, est leur unique héritière. L'inventaire après décès établi le 6 novembre 1820 par Me Marge, notaire à Senlis, donne une description très précise de la maison où vécut Nerval enfant. On notera plusieurs détails qui éclairent l'oeuvre : le gobelet d'argent, seule pièce de valeur de la maison, trophée d'un concours de tir à l'arc, le grenier, à peine visité, qui pouvait donc contenir les vieux livres abîmés par la pluie et les rats qu'évoque Nerval en préface aux Illuminés. Pas question en revanche des gravures de Moreau représentant des scènes de La Nouvelle Héloïse, que l'on retrouvera pourtant dans l'inventaire apès décès de Marguerite Victoire Boucher, soeur d'Antoine, épouse Laurent, la grand-mère de Nerval On remarquera enfin qu'Antoine Boucher laissait de si lourdes dettes à sa fille et à son gendre qu'ils furent rapidement contraints de vendre la maison de Mortefontaine.

Les papiers mentionnés (titres de propriétés, contrats) ne figurent malheureusement pas au dossier de l'inventaire.

Nous donnons ici le texte intégral du document conservé aux Archives départementales de l'Oise 2E28/246.

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INVENTAIRE DE SUCCESSION D'ANTOINE BOUCHER

6 novembre 1820

 

L’an mil huit cent-vingt, le lundi six novembre, dix heures du matin

A la requête de sieur Jean Dufresnoy, [cultivateur biffé] marchand épicier et débitant de tabac, et de dame Marie Antoinette Élise Boucher son épouse, qu’il autorise à l’effet des présentes, demeurant à Mortefontaine, canton et arrondissement de Senlis,

La dite dame Dufresnoy habile à se dire et porter seule et unique héritière de M. Antoine Boucher, son père, décédé à Mortefontaine le vingt-neuf mai dernier, ainsi qu’il est constaté par l’acte de notoriété reçu par Maître Marge, qui en a la minute, et son collègue, notaires à Senlis, le six août aussi dernier, dûment enregistré,

De plus, les dits sieur et dame Dufresnoy créanciers de la succession dudit sieur Boucher leur père et beau-père,

1° la dite dame Boucher, en qualité d’héritière [pour trois seizième de biffé] en partie des sieurs De Corbie ses frères utérins décédés + [en mil huit cent six biffé et remplacé par la note marginale : le premier vers l’année mil sept cent quatre vingt huit, le second vers l’année mil sept cent quatre vingt seize, et le troisième vers l’année mil huit cent six ;] et en qualité d’héritière pour moitié de la dame Marie Jeanne Robquin sa mère, décédée à Mortefontaine le dix huit janvier mil huit cent vingt, veuve en premières noces du sieur Antoine François De Corbie, instituteur à Marly-la-Ville, et épouse en secondes noces du dit feu sieur Antoine Boucher ;

2° Et lesdits sieur et dame Dufresnoy, comme cessionnaires conjointement, suivant acte passé devant Maître Marge, notaire à Senlis, qui en a gardé la minute, en présence de témoins, le six mai mil huit cent vingt, enregistré, des droits mobiliers et immobiliers qui appartenaient à M. Nicolas Augustin De Corbie, frère utérin de ladite dame Boucher, homme de confiance chez M. Jené, notaire à Paris, y demeurant rue de Sèvres, n° 2, 1° dans la succession du sieur Antoine François de Corbie son père, décédé à Paris il y a environ quarante ans et dont il était héritier pour un quart, les trois quarts de ladite succession ayant été dévolus à ses trois frères germains qui existaient alors ; 2°  dans les succession de ses dits trois frères dont il était héritier en partie, le surplus desquelles successions appartenait à la dite dame Boucher ; 3e et dans la succession de la dite feue dame Marie Jeanne Robquin sa mère, dont il était héritier pour moitié.

Observant, les dits sieur et dame Boucher, que la dite feue dame Marie Jeanne Robquin leur mère et belle-mère était restée en possession et devait compte à ses enfants du premier lit, de la succession du sieur Antoine François De Corbie ;

Et que le feu sieur Antoine Boucher qui, à son tour, était resté en possession des biens de la succession de son épouse, en devait compte à ses deux enfants, ledit sieur Nicolas Augustin De Corbie et ladite dame Dufresnoy.

A la conservation des biens et droits des parties et de tous autres qu’il appartiendra, et sans que les qualités ci-dessus prises par les dites parties puissent aucunement leur nuire ni préjudicier, il va être procédé, par Maître Jacques François Marge, notaire royal à la résidence de Senlis, département de l’Oise, soussigné, étant ce jour à Mortefontaine, et en la présence des sieurs Anne Jacques Goguet, tailleur de pierre, et Félix Simon Maille, marchand boucher, demeurant tous deux à Mortefontaine, témoins requis et appelés, à l’inventaire fidèle et description exacte de tous les biens meubles et meublants, ustensiles de ménage, habits, linge, hardes, argenterie, deniers comptants, titres, papiers et renseignements dépendants 1° de la succession du dit feu sieur Antoine Boucher, 2° de la communauté qui avait existé entre lui et la dite feue dame Marie Jeanne Robquin son épouse, 3° et de la succession de cette dernière, et qui seront trouvés dans les lieux ci après désignés fesant partie d’une maison située à Mortefontaine, grande rue du dit lieu, dépendant de la communauté.

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Sur la représentation qui sera faite des dits objets mobiliers par les dits sieur et dame Dufresnoy, après serment par eux fait et prêté ès mains du notaire soussigné, en présence des dits témoins, de tout bien fidèlement représenté, de n’avoir rien caché ni détourné, vu ni su que rien ait été pris, caché ni détourné par qui que ce soit sous les peines de droit qui leur ont été expliquées par le dit notaire en présence des dits témoins, et qu’ils ont déclaré bien comprendre

La prisée des choses qui y sont sujettes sera faite par le sieur François Thomas Buisson, huissier audiencier près le tribunal de première instance séant à Senlis, y demeurant, patenté pour la présente année sous le n° 45, lequel étant ce jour à [Senlis à ce présent biffé] Mortefontaine, à ce présent, a promis de faire la dite prisée en son âme et conscience, à juste valeur et sans crue.

Et les dits sieur et dame Dufresnoy ont signé avec le dit sieur Buisson, les dits témoins et nous, notaire, après lecture faite et sous les réserves ordinaires.

Signé : J. Dufrénoy, M.A.E. Boucher, Goguet, Mailly, Marge, Buisson

 

Premièrement. Dans la cuisine ayant entrée par la cour et vue sur le jardin.

Au foyer : une pelle, une pincette, une crémaillère, un gril, un soufflet, estimé quatre francs, avec une paire de chenets en fer.

Sur le manteau de la cheminée, deux chandeliers de fer, deux chandeliers de cuivre, une lanterne de fer blanc ; deux fers à repasser, cinq saladiers de faïence, une saucière, deux tasses de faïence, estimés trois francs.

Trois moyennes casseroles de cuivre rouge, une bassinoire de pareil cuivre, deux poêles de fer battu, un poêlon de cuivre jaune, une passoire de pareil cuivre, une écumoire, un chaudron aussi de cuivre jaune, estimés dix neuf francs.

Une casserole, trois cafetières, un couvercle, un entonnoir, une tourtière, le tout de fer blanc, un fourgon de fer, une pelle à four en bois, estimés cinq francs.

Un bas de buffet en bois de chêne fermant à deux vantaux surmonté d’un porte vaisselle, estimé dix francs.

Deux douzaines d’assiettes, six plats, une soupière et autres poteries ne méritant description, estimés quatre francs.

Un réchaud de fonte, une vieille cuisinière de fer blanc, un pot à soupe en terre, et autres objets de peu de valeur, estimés deux francs.

Une table de cuisine sur laquelle est attaché un moulin à café, quatre chaises foncées de paille, un bloc, un pétrin de bois de chêne et un garde manger, estimés avec quatre mannes à pain, douze francs.

Une armoire de bois de chêne à deux vantaux surmontée d’une corniche cintrée, estimée vingt quatre francs.

Douze cuillers d’étain, douze fourchettes de fer estimées avec une vieille chaudière et deux petites marmites, quatre francs.

Un bouchoir à four, un seau de bois cerclé de fer, un pot de grès et autres pots de grès ne valant description estimés trois francs.

 

Deuxièmement. Dans une petite salle à manger attenant à la cuisine et pareillement éclairée sur le jardin.

Au foyer, une paire de chenets, pelle et pincette, estimés trois francs.

Une petite glace tachée dans son parquet de bois peint en gris, estimée dix huit francs

Une petite pendule avec sa chemise en verre blanc et son socle en bois, estimée cinquante francs.

Une petite table à jeu couverte d’un tapis vert, une autre petite table couverte d’une toile cirée, et six chaises, estimées onze francs.

Une commode en bois de rapport, à dessus de marbre (?) , en mauvais état, estimée vingt francs.

Deux paires de rideaux de croisée en garat et deux rideaux de porte vitrée estimés quatre francs avec leurs tringles.

Une couchette à deux dossiers de bois peint, à fond sanglé et roulettes à équerre, sur laquelle une paillasse, deux matelas, un lit de plume, un traversin, deux oreillers, une couverture de laine blanche, une paire de rideaux d’alcôve en indienne, le tout estimé cent francs.

Dans une armoire en placard à droite de la cheminée :

Six tasses à café et leurs soucoupes en porcelaine commune, et douze petits verres à liqueur estimés trois francs.

Dans un petit cabinet à gauche de l’alcôve, un petit porte livre et quelques volumes dépareillés, estimés deux francs.

 

Troisièmement. Dans la boutique ouverte sur la rue.

Deux comptoirs, garnis de leurs tiroirs, six planches servant de tablettes, un corps de tablettes garni de tiroirs, une fontaine en cuivre, deux paires de balance, six mesures d’étain de différente grandeur, composées du litre et de sa division, et quinze kilogrammes de poids de fonte, estimés ensemble trente francs.

Une boîte à horloge estimée huit francs.

Cinq petites boîtes et trois mains de fer blanc, estimées un franc.

Trois douzaines d’écheveaux de fils, quatre pièces de bord de fils, de différentes couleurs, un cent d’aiguilles communes, six cents d’épingles et autres objets de mercerie ne méritant description, estimés quatre francs.

Trois kilogrammes de sucre, un kilogramme et demi de café, un demi-kilogramme de poivre, dix kilogrammes de sel, estimés dix neuf francs.

Deux paquets de chandelle pesant cinq kilogrammes estimés sept francs.

Quatre kilogrammes de tabac en poudre à fumer, estimés vingt-huit francs.

Deux douzaines de pipes estimées avec plusieurs pots de faïence et de grès, un franc.

Deux paniers à verres et douze gobelets de verre, estimés deux francs.

Trois kilogrammes de savon, trois kilogrammes d’huile, quatre litres de vinaigre, trois bouteilles d’encre, six mains de papier blanc, une douzaine de bottes d’allumettes, estimés seize francs.

Une vingtaine de paires de sabots communs et de rebut, estimées cinq francs.

Un demi-kilogramme d’amadou et autres objets ne méritant description, estimés deux francs.

Une centaine de bouteilles de gros verre vides, estimées quinze francs.

 

Quatrièmement. Dans une salle éclairée sur la rue.

Un poêle de faïence, un support en pierre, seize bouts de tuyau et deux coudes en tôle, estimé trente francs.

Trois tables de bois blanc, douze tabourets foncés de paille, un banc, deux petits rideaux de croisée estimés avec une petite table à dessus de marbre rouge, dix-huit francs.

 

Cinquièmement. Dans une chambre au-dessus de la boutique.

Une table ronde en bois de noyer, une autre petite table à écrire, une table de nuit, trois chaises, estimés neuf francs.

 

Sixièmement. Dans une autre chambre éclairée sur la rue et sur le jardin.

Une petite glace sur la cheminée en deux morceaux tachés, estimée quatre francs.

Une vieille commode de bois de noyer, mains et entrées de serrure en cuivre, estimée six francs.

 

Septièmement. Dans une autre chambre éclairée sur le jardin.

Une couchette à bas piliers, une paillasse, un lit de plume, un matelas, un traversin, une couverture, estimée cinquante cinq francs.

Deux tables sur pieds à demeure, quatre chaises, un petit miroir, estimés six francs.

Au foyer, une paire de chevrettes ( ?) estimée un franc.

 

Huitièmement. Dans une autre grande chambre éclairée sur le jardin.

Une couchette à deux dossiers, à fond sanglé, une paillasse, un matelas, un lit de plume, un traversin, une couverture de laine blanche, estimés soixante francs.

Une table de nuit et son pot, une table à dessus de marbre rouge, et quatre chaises, estimés six francs.

Sur le manteau de la cheminée une petite glace dans son parquet de bois peint en gris, surmontée d’un tableau, estimée vingt-quatre francs.

Deux rideaux de croisée de garat, deux rideaux d’alcôve et pente , estimés dix francs.

 

Neuvièmement. Dans le grenier.

Un lit de sangle, trois futailles gueule-bée, deux vieux fauteuils, et bois traînant, les cordes à étendre le linge, un méchant poêle cassé, et autres objets ne valant description, estimés avec trois sacs de treillis, neuf francs.

 

Dixièmemement. Dans la cave.

Une feuillette dans laquelle environ cinquante litres de vin blanc, une autre feuillette dans laquelle environ soixante littre de vin rouge, estimés trente trois francs.

Quatre morceaux de bois servant de chantier, estimés trois francs.

 

Onzièmement. Dans la cour.

Un tonneau, deux tinettes, une chaise à lessive six morceaux de bois traînant, deux pots de grès, deux pots de nuit en faïence, un poulain, estimés quatre francs.

 

Douzièmement. Dans le jardin.

Deux échelles et une douzaine de boules à jouer, estimées trois francs.

 

De retour dans la petite salle à manger, dans une armoire à gauche de l’alcôve :

Dix-huit serviettes estimées quinze francs.

Six nappes de toile de ménage estimées neuf francs.

Dix-huit mauvais tabliers de cuisine, dix huit torchons, estimés neuf francs.

Six paires de draps de toile de ménage, estimés soixante francs.

Quatre taies d’oreiller estimés quatre francs.

Douze chemises à usage d’homme estimées vingt-quatre francs.

Trois cravates et six mauvais mouchoirs de poche, trois paires de bas de coton, trois bonnets de coton, estimés huit francs.

Une redingote de drap vert bouteille, un pantalon de velours vert, un gilet d’étoffe, et autres hardes ne méritant description, une paire de souliers, un vieux chapeau, une casquette, estimés vingt francs.

Argenterie.

Un vieux gobelet d’argent pesant cent cinq grammes (trois onces et demie) estimé vingt-un francs.

903 francs

Les dits sieur et dame Dufresnoy déclarent qu’il ne s’est trouvé aucuns deniers comptants lors du décès du sieur Boucher père.

 

 

Suivent les papiers

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Premièrement. L’expédition en parchemin d’un contrat passé devant Hérissant, notaire tabellion à Mortefontaine, le vingt six-février mil sept cent-quatre-vingt-trois, dûment contrôlé et infirmé à Senlis, contenant les conditions civiles du mariage d’entre le dit feu sieur Antoine Boucher et la dite dame Marie Jeanne Robquin alors veuve d’Antoine François Decorbie.

Par ce contrat, il a été stipulé communauté de biens entre eux suivant la coutume de Senlis, avec exclusion des dettes et hypothèques antérieures à leur mariage.

Le dit sieur Boucher a promis d’apporter au dit mariage six cent-quatre-vingt-trois livres, savoir trois cent-quatre-vingts livres en habits, linge et effets à son usage provenant de ses gains d’épargne, et trois cent-trois livres que la dame veuve Boucher sa mère a promis de lui donner en argent

La dite demoiselle Robquin veuve Decorbie a promis d’apporter au dit mariage huit cents livres en linge, habits, meubles, effets et marchandises d’épicerie à elle appartenant. De cette somme, il est entré en communauté six cent-quatre-vingt-trois livres ; le surplus lui a été stipulé propre.

Le lors futur époux a doué la dite demoiselle Robquin de deux cents livres de douaire préfix à une fois payer, sans retour.

La future a fait donation au futur d’une part d’enfant dans sa succession.

Les autres conventions de ce contrat sont inutiles à rapporter.

Laquelle expédition de été cotée, parafée et inventoriée comme pièce unique de la cote Première.

Deuxièmement. Une liasse de cinq pièces dont la dernière est l’expédition en papier du contrat qui a réglé les conditions civiles du mariage d’entre le sieur Antoine François Decorbie et la dame Marie Jeanne Robquin ; le dit contrat passé devant Paulin notaire à Plailly, le dix août mil sept-cent-soixante-six.

Les autres sont relatives à la succession du dit sieur Decorbie.

Desquelles pièces il n’a été fait aucune description par la réquisitions des parties ; mais elles ont été cotées et parafées par première et dernière, et inventoriées l’une comme l’autre sous la cote Deux.

Troisièmement. Une liasse de douze pièces qui sont titres de propriété de la maison située à Mortefontaine en la grande rue, et de plusieurs pièces de terre au dit lieu.

La septième desquelles pièces est l’expédition en papier d’un contrat passé devant le dit Hérissant, en présence de témoins, le huit juin mil sept cent-quatrevingt-sept, dûment contrôlé et infirmé, contenant bail à rente au dit feu sieur Antoine Boucher et à la dite dame Marie Jeanne Robquin sa femme, 1° de trois maisons contiguës situées à Mortefontaine, en la grande rue conduisant à Plailly, t.d.c. et des deux bouts au Domaine, demeurant à la dite rue ;

2° de vingt-neuf perches de terre au terroir de Mortefontaine, lieu dit les Uselles,

3° et d’un quartier et demi de terre au dit terroir lieu dit l’orme du Pâtis. [en marge : échangés le 11 ventose an 13]

Moyennant quatre-vingt livres de rente foncière et perpétuelle, remboursable de six cents livres.

La huitième est la grosse en parchemin de ce même bail à rente.

La neuvième est l’expédition en papier d’un contrat passé devant le dit Hérissant le vingt-un novembre mil sept cent-quatre-vingt-onze, enregistré à Senlis, contenant vente par M. Joseph Duruey, banquier de la Cour, et demoiselle Jeanne Morin son épouse, demeurant à Paris aux dits défunts sieur et dame Boucher de trois perches un cinquième de jardin attenant à la dite maison, moyennant trente six livres payées comptant.

La dixième est l’expédition en papier d’un acte passé devant Maître Fourchy et son confrère notaires à Paris, le neuf pluviose an quatre, enregistré, contenant le partage des biens des successions 1° de Marie Marguerite Olivier, mère du dit feu sieur Boucher, décédée veuve de Joseph Adrien Boucher ; 2° et de Pierre Olivier, son oncle, desquels il était héritier pour moitié.

Par ce partage, il a été prélevé au profit du dit sieur Boucher la somme de trois cent-trois livres, qui lui était due par la succession de sa mère, qui la lui avait constituée en dot,

Et il lui revenait pour sa moitié dans le montant de la masse, huit mille deux cent-quatre-vingt-sept livres.

Total 8287 livres

Pour lui fournir cette somme, il lui a été abandonné,

1° Pour faire seize cents livres, la rente foncière de quatre-vingt livres sus énoncée,

2° Trois cent quatre-vingt-treize livres d’arrérages des dites rentes,

3° Pour deux cent quatre-vingt-quatre livres, quatorze livre quatre sous de rente à prendre dans quinze livres de rente dus par le sieur Brugeat

Il paraît d’après une note écrite en marge que cette rente a été remboursée par acte passé devant Maître Vatin, notaire à Senlis, vers l’an treize.

4° Pour trois mille livres, un arpent douze perches et demie de terre en deux pièces situées terroir de Mortefontaine, lieu dit la voirie des vaches ou le vieux moulin [en marge : Propres du sieur Boucher, 3/4e échangés. Reste 37( ?) perdues.

5° Pour deux mille deux cent-quarante-deux livres, un billet de pareille somme que devait le dit sieur Boucher,

6° Pour mille livres, cinquante livres de rente sur l’État,

Il paraît d’après une note mise en marge que l’inscription a été transférée.

7° Et pour soixante-onze livres les arrérages de la dite rente.

Total pareil 8590 livres

La onzième est l’expédition d’un acte passé devant le dit Maître Vatin, le vingt-six fructidor an neuf, enregistré, par lequel le dit sieur Boucher a cédé à M. Joseph Bonaparte et à la dame Julie Clary son épouse, trois quartiers de terre sis à gauche du pavé de Mortefontaine, l’une de celles qui ont été abandonnées au dit sieur Boucher par le partage sus daté ; en échange de laquelle pièce, M. et Madame Bonaparte lui ont donné soixante-quinze perches de terre de l’autre côté du pavé, derrière Mortefontaine, proche le pont du dit lieu.

La douzième et dernière est l’expédition d’un autre acte passé devant le dit Maître Vatin, le onze ventose an treize, enregistré, par lequel les dits sieur et dame Boucher ont donné au dit sieur Joseph Bonaparte 1° la pièce d’un quartier et demi formant l’article 3 du bail à rente sus énoncé ; 2° et la pièce de soixante-quinze perches que le dit sieur Bonaparte lui avait cédée par l’acte du vingt-six fructidor an neuf.

Ce dernier a cédé en échange aux dits sieur et dame Boucher une pièce de terre contenant soixante-seize ares cinquantes six centiares (un arpent et demi) t.d.s. au pavé de Plailly à Mortefontaine.

Toutes lesquelles pièces ont été cotées et parafées par première et dernière, et inventoriées l’une comme l’autre sous la cote Trois.

 

Quatrièmement. Et une liasse de seize pièces qui sont quittances, notes, copie du contrat de mariage de M. Decorbie fils, et autres pouvant servir de renseignements.

Lesquelles pièces n’ont été plus amplement décrites à la réquisition des parties, et ont été seulement cotées et parafées par première et dernière, et inventoriées l’une comme l’autre sous la cote Quatrième et dernière.

 

Les dits sieur et dame Dufresnoy déclarent

1° qu’il est à leur connaissance que pendant le mariage des dits défunts sieur et dame Boucher, la dite dame Boucher leur mère et belle-mère a recueilli des successions de ses père et mère décédés à Mortefontaine, des biens qui ont été vendus et ont produit environ douze cents francs qu’elle avait droit de prélever sur la masse des biens de la communauté d’entre elle et le dit feu sieur Boucher.

2° qu’au décès du dit feu sieur Boucher il n’était dû à sa succession ni à celle de son épouse aucune somme qu’on ait pu recouvrer, si ce n’est le cautionnement de trois cents francs fourni par le dit sieur Boucher, en sa qualité de débitant de tabac.

3° et qu’il est réclamé aux dites successions

1° par M. Mousseau, propriétaire à Paris, rue Noire, n° 4, onze cent trente-quatre francs en principal, restant d’une obligation passée devant Lapelier ( ?) notaire à Vémars, le neuf janvier mil huit cent-quatorze,

Plus deux cent-quatre francs pour les intérêts de cette somme échue au mois de janvier dernier,

Et les intérêts courants.

2° par M. Herbet fils, marchand épicier à Senlis, quatre cent-quinze francs restant de l’obligation passée devant Maître Marge, notaire à Senlis, le dix-sept décembre mil huit cent-dix-sept, enregistrée,

Les intérêts de cette somme depuis le dix-sept décembre mil huit cent-dix-neuf ;

Plus le coût de l’obligation et de l’inscription.

3° par M. Jean Jacques Redet, rentier, demeurant à St-Witz, deux mille cinq-cent-trente francs suivant obligation passée devant le dit Maître Marge notaire le six mai dernier, enregistrée,

Plus les intérêts de cette somme depuis le dit jour six mai dernier

Et soixante-sept francs vingt centimes pour le coût de cette obligation,

4° par M. Laurent, marchand linger, demeurant à Paris, rue Coquillière, n° 23, dix-neuf cents francs, pour argent prêté.

5° par MM. Gandon frères, négociants à la Villette, deux cent-trois francs pour fourniture de vin et eau de vie,

6° par M. Villers-Pavy, marchand de vin en gros à Louvres, deux cent-cinquante francs pour vin par lui fourni,

7° par M. Leclerc, marchand de vin à Franconville, huit cent-vingt-un francs pour fourniture de vin,

8° par M. Tassin, marchand épicier à Senlis, cinq cent-vingt-un francs vingt-cinq centimes pour fourniture d’épicerie,

9° par la veuve Legros, dite Marguerite, demeurant à Coye, quatre-vingt-quinze francs pour argent prêté,

Et pour gages depuis le premier novembre mil huit cent-dix-huit jusqu’au vingt-neuf mai dernier, cent-cinq francs

10° par M. Gérard, marchand épicier à Louvres, huit cent-vingt-cinq francs quatre-vingt-dix centimes pour fourniture d’épicerie,

11° par M. Bousselet ( ?), cordier à Senlis, vingt francs trente centimes pour fourniture de cordeau et ficelle,

12° par M. Corbie, marchand de fer à Senlis, trente-six francs pour fourniture de fer,

13° par M. Houlbec, brasseur de bière à Gonesse, treize francs pour bière,

14° par M. Hamelin, de Marly-la-Ville, pour bois fourni, deux cents francs

15° par M. Roland pour argent prêté, cinquante francs

9400 francs 65 centimes

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Il a été vaqué à ce que dessus depuis dix heures du matin jusqu’à quatre heures du soir, sans aucune interruption.

Ce fait, ne s’étant plus rien trouvé à dire, comprendre ni déclarer au présent inventaire, tout le contenu en icelui est demeuré en la garde et possession des dits sieur et dame Dufresnoy, qui le reconnaissent et s’en chargent, comme dépositaires judiciaires, pour en faire la représentation, quand et à qui il appartiendra.

Et les dits sieur et dame Dufresnoy, ayant affirmé de nouveau n’avoir rien caché ni détourné, vu ni su que rien des dites successions ait été pris, caché ni détourné par qui que ce fût, le présent inventaire est demeuré pour clos.

Et les dits sieur et dame Dufresnoy ont signé avec le dit sieur Buisson, les dits témoins et nous notaire après lecture faite et sous toutes réserves de droit.

 

Signé : J. Dufrenoy, Buisson, M.A.E. Boucher, Goguet, Maille, Marge

 

Enregistré à Senlis, le quatorze novembre 1820. F° 147 v°.

 

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Plan de la maison, de la cour et du jardin établi par P. Carré d'après le texte de l'inventaire. La ligne horizontale marque le plan d'alignement de 1838 qui mutilera la maison.