29 janvier 1831 — Odelette. Le Vingt-cinq mars, dans l’Almanach dédié aux demoiselles, signée Gérard.

Cette odelette fut reprise dans les Annales romantiques,1835, avec le deuxième ensemble des odelettes, puis dans La Bohême galante V et Petits Châteaux de Bohême, Premier Château, sous le titre : Avril, qui est aussi celui du manuscrit Lovenjoul D 741 fol.3.

Dans l’Introduction au Choix de poésies de Ronsard, Nerval, parlant du genre poétique de l’odelette, note à propos d’Avril de Rémi Belleau : « Celle de Belleau, intitulée : Avril, toute composée au reste d’idées communes, n’en ravit pas moins quiconque a de la poésie dans le cœur : qui pourrait dire en combien de façons est retournée dans beaucoup d’autres pièces l’éternelle comparaison des fleurs et des amours qui ne durent qu’un printemps ; et tant d’autres lieux communs que toutes les poésies fugitives nous offrent encore aujourd’hui ? » Le poème de Nerval, fondé sur l’antinomie apparente entre le renouveau printanier et la mélancolie u’il éprouve, évoque celui que composera Mallarmé sous le même titre : Avril 

Voir la notice LA CAMARADERIE DU PETIT CÉNACLE.

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LE VINGT-CINQ MARS.

 

Déjà les beaux jours, la poussière,
Un ciel d’azur et de lumière
Les murs enflammés, les longs soirs !...
Et rien de vert : à peine encore
Un reflet rougeâtre décore
Les grands arbres aux rameaux noirs !
 
Ce beau temps me pèse et m’ennuie ;
Ce n’est qu’après des jours de pluie
Que doit surgir, en un tableau,
Le printemps verdissant et rose :
Comme une nymphe fraîche éclose
Qui, souriante, sort de l’eau !

 

GÉRARD

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