15 mars 1855 – Desiderata, publiés dans la Revue de Paris. Après la mort de Nerval, Maxime Du Camp, directeur du journal, publie plusieurs lettres, dites « lettres d’amour » qui devaient selon lui figurer dans Aurélia. Un feuillet autographe correspondant au chapitre VI de la seconde partie, porte en effet l’indication, de la main de Nerval : « (Ici les lettres) / jusqu’aux dernières que j’envoie ». Mais il est impossible de savoir si les lettres publiées par la revue étaient bien celles que souhaitait Nerval. Elles n’ont du reste pas été envoyées par lui comme le laisse supposer la note manuscrite, mais trouvées dans ses papiers après sa mort.

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DESIDERATA*

 

Lettre III

Me voilà encore à vous écrire, puisque je ne puis faire autre chose que de penser à vous et de m’occuper de vous ; de vous, si occupée, si distraite, si affairée ; non pas tout à fait indifférente peut-être ; mais bien cruellement raisonnable, et raisonnant si bien ! Ô femme ! femme ! L’artiste sera toujours en vous plus forte que l’amante. Mais je vous aime aussi comme artiste. Il y a dans votre talent une partie de la magie qui m’a charmé. Marchez donc d’un pas ferme vers cette gloire que j’oublie ; et s’il faut une voix pour vous crier courage, s’il faut un bras pour vous soutenir, s’il faut un corps où votre pied s’appuie pour monter plus haute, vous savez…….

 

Lettre IV

J’ai lu votre lettre, cruelle que vous êtes. Elle est si douce et si bonne que je ne puis que plaindre mon sort ; mais, si je vous croyais ainsi qu’autrefois coquette et perfide, oh ! je dirais comme Figaro : Votre esprit se joue du mien. Cette pensée que l’on peut trouver du ridicule dans les sentiments les plus nobles, dans les émotions les plus sincères, me glace le sang et me rend injuste malgré moi. Oh ! non, vous n’êtes pas comme tant d’autres femmes, vous avez du cœur, et vous savez bien qu’il ne faut pas se jouer d’une véritable passion.

Oh ! méfiez-vous, non pas de votre cœur qui est bon, mais de votre humeur qui est légère et changeuse ; songez que vous m’avez mis dans une position telle vis-à-vis de vous que l’abandon me serait beaucoup plus affreux que ne le serait une infidélité quand je vous aurais obtenue. En effet, dans ce dernier cas, qu’aurais-je à dire ? Le ressentiment serait ridicule à mes propres yeux. J’aurais cessé de plaire, voilà tout, et ce serait à moi de chercher des moyens plus efficaces de rentrer dans vos bonnes grâces. Je vous devrais toujours de la reconnaissance et ne pourrais, dans tous les cas, douter de votre loyauté. mais songez au désespoir où me livrerait votre changement dans nos relations actuelles, ô mon Dieu !

Pour la jalousie, c’est un côté bien mort chez moi. Quand j’ai pris une résolution, elle est ferme ; quand je me suis résigné, c’est pour tout de bon. Je pense à d’autres choses et j’arrange mes idées d’après les circonstances. Mon esprit sait toujours plier devant les faits irrévocables. Ainsi, ma belle amie, vous me connaissez bien maintenant. Je livre tout ceci à vos réflexions, je ne veux rien tenir que de leur effet. Ne craignez donc pas de me voir. Votre présence me calme, me fait du bien ; votre entretien m’est nécessaire et m’empêche de ne livrer à ……..

(La suite manque.)

 

Lettre V

Vous vous trompez, Madame, si vous pensez que je vous oublie ou que je me résigne à être oublié de vous. Je le voudrais, et ce serait un bonheur pour vous et pour moi sans doute ; mais ma volonté n’y peut rien. La mort d’un parent, des intérêts de ma famille ont exigé mon temps et mes soins, et j’ai essayé de me livrer à cette diversion inattendue, espérant retrouver quelque calme et pouvoir juger enfin plus froidement ma position à votre égard. Elle est inexplicable ; elle est triste et fatale de tout point ; elle est ridicule peut-être, mais je me rassure en pensant que vous êtes la seule personne au monde qui n’ayez pas le droit de la trouver telle. Vous auriez bien peu d’orgueil, si vous vous étonniez d’être aimée à ce point et si follement.

Oh ! si j’ai réussi à mêler quelque chose de mon existence dans la vôtre ; si toute une année je vous ai occupée de mes lettres et de ma présence ; s’il y a à moi, tout à moi, quelques journées de votre vie, et malgré vous quelques heures de vos pensées, n’était-ce pas une peine qui portait sa récompense avec elle ? Dans cette soirée où je compris toutes les chances de vous plaire et de vous obtenir, où ma seule fantaisie avait mis en jeu votre valeur et la livrait à des hasards, je tremblais plus que vous-même. Eh bien ! alors même tout le prix de mes efforts était dans votre sourire. Vos craintes m’arrachaient le cœur. Mais avec quel transport j’ai baisé vos mains glorieuses ! Ah ! ce n’était pas alors la femme, c’était l’artiste à qui je rendais hommage. Peut-être aurais-je dû toujours me contenter de ce rôle, et ne pas chercher à faire descendre de son piédestal cette belle idole que jusque-là j’avais adorée de si loin.

Vous dirai-je pourtant que j’ai perdu quelques illusions en vous voyant de plus près ? Mais, en se prenant à la réalité, mon amour a changé de caractère. Ma volonté, jusque-là si nette et si précise, a éprouvé un mouvement de vertige. Je ne sentais pas tout mon bonheur d’être ainsi près de vous, ni tout le danger que je courais à risquer de ne pas vous plaire. Mes projets se sont contrariés. J’ai voulu me montrer à la fois un homme timide, un homme utile et égayant, et je n’ai pas compris que les deux sentiments que je voulais exciter ensemble se froisseraient dans votre cœur. Plus jeune, je vous eusse touchée par une passion plus naïve et plus chaleureuse ; plus vieux, j’aurais mieux calculé ma marche, étudié votre caractère et trouvé à la longue le chemin de votre cœur.

Si je vous fais un aveu si complet, c’est que je vous sais digne de comprendre un esprit…

(Le suite manque.)

 

Lettre VII

Ah ! ma pauvre amie, je ne sais quels rêves vous avez faits ; mais non, je sors d’une nuit terrible ; je suis malheureux par ma faute peut-être et non par la vôtre, mais je le suis. Grand Dieu ! excusez mon désordre, pardonnez les combats de mon âme. Oui, c’est vrai, j’ai voulu vous le cacher en vain, je vous désire autant que je vous aime, mais je mourrais plutôt que d’exciter encore une fois votre mécon[ten]tement. Oh ! pardonnez, je ne suis pas volage, moi ; depuis trois mois, je vous suis fidèle, je le jure devant Dieu. Si vous tenez un peu à moi, voulez-vous m’abandonner encore à ces vaines ardeurs qui me tuent. Je vous avoue tout cela pour que vous y songiez plus tard ; car, je vous l’ai dit, quelque espoir que vous ayez bien voulu me donner, ce n’est pas à un jour fixe que je voudrais vous obtenir, mais arrangez les choses pour le mieux. Ah ! je le sais, les femmes aiment qu’on les force un peu ; elles ne veulent point paraître céder sans contrainte. Mais, songez-y, vous n’êtes pas pour moi comme les autres femmes ; je suis plus peut-être pour vous que les autres hommes ; sortons donc des usages de la galanterie ordinaire. Que m’importe que vous ayez été à d’autres, que vous soyez à d’autres peut-être. Vous êtes la première femme que j’aime, et je suis peut-être le premier homme qui vous aime à ce point. Si ce n’est pas là une sorte d’hymen que le ciel bénisse, le mot amour n’est qu’un vain mot. Que ce soit donc un hymen véritable où l’épouse s’abandonne en disant : C’est l’heure. Il y a de certaines formes de forcer une femme qui me répugnent. Vous le savez, mes idées sont singulières, ma passion s’entoure de beaucoup de poésie et d’originalité, j’arrange volontiers ma vie comme un roman ; les moindres désaccords me choquent, et les modernes manières que prennent les hommes avec les femmes qu’ils ont possédées ne seront jamais les miennes. Laissez-vous aimer ainsi ; cela aura peut-être quelques douceurs charmantes que vous ignorez. Ah ! ne redoutez rien d’ailleurs de la vivacité de mes transports. Vos craintes seront toujours les miennes, et de même que je sacrifierais toute ma jeunesse et ma force au bonheur de vous posséder, de même aussi mon désir s’arrêterait devant votre réserve, comme il s’est arrêté si longtemps devant votre rigueur. Ah ! ma chère et véritable amie, j’ai peut-être tort de vous écrire ces choses qui ne se disent d’ordinaire qu’aux heures d’enivrement. Mais je vous sais si bonne et si sensible, que vous ne vous offenserez pas d’aveux qui ne tendent qu’à vous faire lire plus complètement dans mon cœur. Je vous ai fait bien des concessions, faites m’en quelques-unes aussi. La seule chose qui m’effraye serait de n’obtenir de vous qu’une complaisance froide qui ne partirait pas de l’attachement, mais peut-être de la pitié. Vous avez reproché à mon amour d’être matériel, il ne l’est pas du moins dans ce sens, que je ne vous possède jamais, si je ne dois avoir dans les bras [qu’] une femme résignée plutôt que vaincue. Je renonce à la jalousie, je sacrifie mon amour-propre, mais je ne puis faire abstraction des droits secrets de mon cœur sur un autre. Vous m’aimez, oui, beaucoup moins que je ne vous aime, sans doute, mais vous m’aimez, et sans cela je n’aurais pas pénétré aussi avant dans votre intimité. Eh bien ! vous comprendrez tout ce que je cherche à vous exprimer. Autant cela serait choquant pour une tête froide, autant cela doit toucher un cœur indulgent et tendre.

Un mouvement de vous m’a fait plaisir, c’est que vous avez paru craindre un instant que, depuis quelques jours, ma constance ne se fût démentie. Ah ! rassurez-vous. J’ai peu de mérite à la conserver [. Il] n’existe pour moi qu’une seule femme au monde.

 

Lettre VIII

Souvenez-vous, oublieuse personne, que vous m’avez accordé la permission de vous voir une heure aujourd’hui. Je vous envoie mon médaillon en bronze pour fixer encore mieux votre souvenir. Il date déjà, comme vous pouvez voir, de l’an 1831, où il eut les honneurs du salon. Ah ! j’ai été l’une des célébrités…., et je renoncerais encore aujourd’hui à cette partie que j’ai négligée pour vous, si vous me donnez lieu de chercher à vous rendre fière de moi. Vous vous plaignez de quelques heures que je vous ai fait perdre ; moi, mon amour m’a fait perdre des années, et pourtant je les ressaisirais bien vite si vous vouliez. Que m’importe la renommée, tant qu’elle ne prendra pas vos traits pour me couronner ? Jusque-là il y aura une gloire, dans laquelle la mienne s’absorbera toujours. C’est la vôtre, et jamais mes assiduités les plus grandes ne tendront à vous la faire oublier. Étudiez donc fortement, mais accordez-moi quelques-uns de vos instants de repos. Je vous avouerai que je suis aujourd’hui d’une humeur fort peu tragique, et que je risque dès lors beaucoup moins de vous déranger.

 

Lettre X

(Le commencement manque.)

Je me heurte à chaque pas. M’avez-vous cru injuste, intolérant, capable de troubler votre repos par des folies ? Hélas ! vous le voyez, je raisonne trop juste, je juge trop froidement les choses, et vous avez eu bien des preuves de mon empire sur moi-même. Suis-je un enfant, quoique je vous aime avec toute l’imprudence d’un enfant ? Non, je suis capable de vous faire respecter aux yeux de tous ; je suis digne de votre confiance, et désormais toute mon intelligence à vous servir, et tout mon sang pour vous défendre au besoin. Jamais une femme n’a rencontré tant d’attachement joint à quelque importance réelle, et toutes en seraient flattées. Maintenant je n’ai plus qu’un mot à vous dire. Admettez une épreuve. Il faut un homme bien épris pour qu’il ne recule pas devant une question de vie et de mort. Si vous voulez savoir jusqu’à quel point vous êtes aimée ou estimée, le résultat d’une démarche que je puis faire vous apprendra sur quel bras il faut compter. Si je me suis trompé dans tous mes soupçons, rassurez-moi, je vous en prie ; épargnez-moi quelques ridicules, et surtout celui de me commettre avec la parodie de mes émotions les plus chères.

Je vous jure que vous ne risquez rien à m’entendre ; je vous crains autant que je vous aime ; votre regard est pour moi ce qu’il y a de plus doux et de plus terrible. Ce n’est que loin de vous que je m’abandonne aux idées les plus extrêmes, les plus fatales. Madame, vous m’avez dit qu’il fallait savoir trouver le chemin de votre cœur ; eh bien, je suis trop agité pour chercher, pour trouver ; ayez pitié de moi, guidez-moi ! Je ne sais, il y a des obstacles que je touche sans les voir, des ennemis que j’aurais besoin de connaître ! Il y a eu quelque chose ces jours-ci qui vous a changée à mon égard, car vous êtes trop indulgente et trop sensible pour vous offenser vraiment de quelques inégalités, de quelques folies, si excusables dans ma situation. Cela vient-il d’ailleurs ? dites-le moi ; ma pensée vous préoccupe, et je ne puis la pénétrer ; à qui en voulez-vous ? qui vous a offensée ? qui vous a trahie ? Donnez-moi quelque chose où me prendre, quelqu’un à insulter, à combattre ! j’en ai besoin ! que je vous serve, sans espoir et sans récompense, et que je vous délivre de moi, s’il plaît à Dieu ! mais que je sorte au moins de l’état de doute où je vis.

Une occasion se présenterait dans tous les cas d’anéantir bien des fausses suppositions. Il y a quelqu’un, Madame, dont l’assiduité vous a fait du tort dans l’opinion, et qui s’est plu même à vous compromettre, si l’on dit vrai. Ce n’est pas là pour moi une rivalité. Je ne me préoccupe pas le moins du monde de ce détail, et je ne voudrais rien faire de trop important pour trop peu. Je vous le dis, vous ne savez même peut-être pas ce que c’est, un homme sans valeur et sans mérite, quelque chose d’insignifiant et de frivole, qu’il suffirait peut-être d’effrayer ou de punir, s’il vous a offensée en effet. Nous en dirons deux mots, si vous voulez, et nous laisserons au besoin la chose pour ce qu’elle vaut. Mais, de grâce, un peu de confiance, un peu de clarté dans ces détours où je me heurte à chaque pas.

 

Lettre XI

Mon Dieu ! mon Dieu ! j’ai pu vous voir un instant. Quoi ! vous n’êtes donc pas si irritée que je le croyais ? Quoi ! vous avez encore un sourire pour ma personne, un doux rayon de soleil pour mes tristesses ! J’emporte ce bonheur, de peur d’être détrompé par un mot que je fuis toujours, moi qui me croyais déjà puissant. Un regard m’abat, un mot me relève, je ne me sens fort que loin de vos yeux.

Oui, j’ai mérité d’être humilié par vous ; oui, je dois payer encore de beaucoup de souffrances l’instant d’orgueil auquel j’ai cédé. Ah ! c’était une risible ambition que celle-là. Me croire chéri d’une femme de votre talent, de votre beauté !

Je dois borner mes prétentions à vous servir. J’accepte vos dédains comme une justice. Ne craignez rien, j’attends, ne craignez rien…

 

Lettre XII

Deux jours sans vous voir, sans te voir, cruelle ! Oh ! si tu m’aimes, nous sommes encore bien malheureux. Toi, tes leçons, ton théâtre, tes occupations, moi-même, un théâtre, un journal et une foule encore de tracas et d’ennuis. Hier, je ne sais à quoi j’ai passé ma journée. Je suis allé et venu.

…….

Il connaît tout le monde, en dit du mal. Je n’ai pas osé le juger si mal sans l’avoir vu. Ce n’est pas la faute de ce pauvre Jean Leroy. Je l’aurais peut-être jugé avec plus d’indulgence… et je viens de dire pourquoi…

Il ne faut pas rire de cela…

Adolphe Dumas, qui est l’auteur de cette pièce…

 

Lettre XIII

Vous êtes bien la plus étrange personne du monde, et je serais indigne de vous admirer, si je me lassais de vos inégalités et de vos caprices.

Oui, je vous aime ainsi bien plus que je ne vous admire, et je serais fâché que vous fussiez autrement. À un amour tel que le mien, il fallait une lutte pénible et compliquée. À cette passion infatigable, il fallait une résistance inouïe ; à ces ruses, à ces travaux, à cette sourde et constante activité qui ne néglige aucun moyen, qui ne repousse aucune concession, ardente comme une passion espagnole, souple comme un amour italien, il fallait toutes les ressources, toutes les finesses de la femme, tout ce qu’une tête intelligente peut rassembler de force contre un cœur bien résolu. Il fallait tout cela, sans doute, et je vous aurais peu estimée d’avoir cru la résistance plus facile et l’épreuve moins dangereuse.

Toutefois, ne craignez rien ; je suis encore mal remis du coup qui m’a frappé, et il me faut du temps pour…

 

Lettre XV

Nous avons maintenant à nous garder d’une chose, c’est de cet abattement qui succède à toute tension violente, à tout effort surhumain. Pour qui n’a qu’un désir modéré, la réussite est une suprême joie qui fait éclater toutes les facultés humaines. C’est un point lumineux dans l’existence, qui ne tarde pas à pâlir et à s’éteindre. Mais pour le cœur profondément épris, l’excès d’émotion contracte pour un instant tous les ressorts de la vie ; le trouble est grand, la convulsion est profonde, et la tête se courbe en frémissant comme sous le souffle d’un Dieu. Hélas ! que sommes-nous, pauvres créatures ! et comment répondre dignement à la puissance de sentir que le ciel a mise en notre âme ? Je ne suis qu’un homme et vous une femme, et l’amour qui est entre nous a quelque chose d’impérissable et de divin.

……………..

 

GÉRARD DE NERVAL.

 
* Gérard de Nerval, dans le dernier travail que nous avons publié de lui, et qu’il n’a pu revoir sur épreuves, parlait de ses lettres à Aurélia, comme s’il avait dû les citer. Mais une lacune dans son manuscrit trahissait la perte de cette correspondance.
Ses amis ont été assez heureux pour retrouver dans ses papiers des fragments de ces lettres. Nous nous empressons de les publier, tels qu’ils nous ont été remis, sans prétendre les coordonner, les lier entre eux, leur donner la suite et l’enchaînement dont ce pauvre Gérard a emporté le secret avec lui. (Note du directeur.)

 

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